La Loire à vélo

Une préparation efficace

Pour ce voyage nous avions beaucoup appris du dernier (celui où nous nous sommes arrêtés à Rouen). Nous avions maintenant des sacoches étanches, plus aucun sac de randonnée et on en avait profité pour changer les pneus de mon VTT pour mettre des schwalbe marathon increvables et tellement plus agréables sur la route. Enfin on a choisi une destination beaucoup plus abordable à vélo, nous allions à Nantes en longeant la Loire. Et sur cette route se trouve la véloroute la plus aboutie d’Europe, il s’agit de l’Eurovélo 6 ou encore la Loire à vélo sur le tronçon que nous avons emprunté. Ainsi avant le départ nous avons acheté le lot complet de carte de cette véloroute, ce qui était une très bonne idée. Enfin comme la dernière fois nous partions à 4. D’ailleurs 3-4 personnes c’est vraiment l’idéal pour une belle rando, enfin ce n’est qu’un avis personnel.

C’est un voyage qui nous a pris 9 jours à faire pour un total de 700 km.

Finalement ces petites informations chiffrées ne sont pas si intéressantes que ça alors passons tout de suite aux anecdotes.

Le premier 100km en rando

J’avais fait, plusieurs mois auparavant, l’étape de la première journée, je savais qu’il y en avait pour 110 km entre Melun (terminus du RER D) et Lorris (petite commune du Gâtinais). Nous savions donc à quoi nous attendre. La veille on avait tous dormi dans la même chambre chez moi pour se préparer vite le matin, et prendre le RER à 7h. Nous étions donc sur les vélos à 8h et nous étions partis pour suivre la Seine puis le Loing et enfin le Canal d’Orléans jusqu’à la Loire. Cependant on avait oublié quelques détails comme la chaleur du mois de juillet. On faisait des pauses à chaque petit bout d’ombre afin de souffler un peu. On vidait les bidons d’eau à une vitesse hallucinante.

Enfin 110 km en une journée ce n’est pas la mort, il y a bien pire comme la pluie, une grosse panne ou une blessure par exemple. Mais le gros problème d’un 110 km c’est lorsqu’on le fait sans entrainement, et nous n’étions clairement pas entraînés pour la plupart d’entre nous. En soit, ce n’est pas un problème de force musculaire, enfin ça en est un seulement si on veut pédaler vite. Sinon on peut prendre son temps, se promener mais là viens le vrai problème du 110 km il s’agit de la fatigue psychologique. En plus avec le soleil qui tape, les visages desséchés, les mains engourdies on commençait à craquer. Nous sommes arrivés à 18h à Chailly en Gatinais ou nous étions sûr d’avoir une maison pour nous (une maison secondaire). C’est aussi parce qu’on avait cette assurance d’avoir un toit que nous avons poussé aussi fort sur les pédales. Entre dormir dehors sans douche, sans toit ou pédaler 40 km de plus il n’y avait pas photo.

De cette expérience on retiendra que si on est pas entraînés il ne faut pas attaquer le premier jour par une grosse distance sauf si on aime sentir douloureusement la selle le lendemain.

On a failli perdre un pied

Lors du premier soir, l’un de nous a marché sur une abeille qui était dans la maison. Bien évidemment il se fait piquer, mais il ne nous dit rien. Ce n’est que le surlendemain si mes souvenirs sont bons qu’il nous en fait part. Imaginez vous une piqûre d’abeille restée sans traitement sur une voute plantaire fermentée à la sueur et à l’eau de pluie dans une chaussure. Elle n’avait pas dégonflé, on a acheté une crème à la première pharmacie. Finalement rien de grave, c’est juste le genre de détails qui transforment un simple voyage en épopée.

Une rencontre inattendue

Vous pensiez que je racontais que des galères et des choses négatives ? En effet c’est quand même ce qui laisse le plus de souvenirs, en même temps avec du recul on constate souvent qu’on en sort grandi. Cela dit je vais maintenant vous raconter une histoire sympathique … mais qui commence avec une galère bien évidemment, sinon ce n’est pas drôle.

On était en plein dans Orléans et il commençait à faire tard, autour de 18h, et on avait prévu de camper sauvagement pour la nuit. Il fallait donc sortir de la ville mais on avait beau avancer de plus en plus vers la campagne, on ne trouvait aucun endroit sympathique où dormir. On commençait à chercher partout lorsqu’un automobiliste ralentit à côté de nous. Il était avec sa tondeuse dans une remorque et nous dit qu’il vient de tondre un petit terrain dont il est propriétaire. Ce terrain disposait d’un abri ainsi que d’une citerne d’eau de pluie. Et vous ne devinez pas quoi, il nous a proposé de nous le prêter. Il nous a même dit qu’on pouvait y rester plusieurs jours, profiter du barbecue etc. si nous le souhaitions.

C’était ROYAL, on avait assez d’eau pour bien se rincer, une belle pelouse, la Loire qui passait en contrebas, bref le paradis. Le lendemain matin on avait un peu de mal à partir, on a laissé un petit mot sur le portail en remerciement.

En voyage à vélo on attire souvent le regard, certainement à cause tous nos bagages, les gens demandent à prendre des photos, posent des questions, et on fait souvent de belles rencontres comme ce jour-là. Et cette rencontre a une suite que vous pourrez trouver ici.

Saumur, une très belle ville mais…

Quand nous sommes arrivés vers Saumur on change de décors, c’est vraiment un des plus beaux passages de la Loire à vélo. Globalement cet itinéraire cyclable passe souvent sur les digues en bordure de Loire et le paysage est assez monotone. Mais au niveau de Saumur, nous avons changé de paysage. On était sur les côteaux de Loire, slalomant entre les vignes, avec de jolis dénivelés, et de magnifiques falaises de calcaire. On passe à côté du Cadre Noir (Une écurie très connue mais je vais pas m’avancer là-dessus je connais pas grand-chose en chevaux), du coup on croise beaucoup de cavali.er.ère.s sur la route. Enfin l’entrée dans Saumur a quelque chose de magique. Nous entrions dans la ville depuis les coteaux en rejoignant la Loire, on avait donc une belle descente. Et tout le long de la descente on slalomait dans la falaise en observant les maisons troglodytes creusées dans le calcaire. On avait une belle ombre et un air frais, c’était un bonheur pour une journée de juillet aussi chaude.

Mais à Saumur nous avons fait fausse route. La ville est constituée de plusieurs iles sur la Loire et ses rues ne sont pas droite. Il est donc assez difficile de s’orienter, à l’époque aucun d’entre nous n’avait de GPS, on faisait tout à la carte. A peine tombé sur un panneau véloroute on s’est mis à le suivre mais ce n’était pas le bon. On s’est retrouvés 10km au sud de la Loire avant de se rendre compte qu’on était parti dans la mauvaise direction. En effet ces petits panneaux sont assez trompeurs. C’est ainsi qu’on a appris qu’en France il y a beaucoup de véloroutes qui ne sont pas intégrés dans un réseau. Voyez par vous-même la différence sur les images ci-dessous.

Mise en place d’un déjeuner bien calibré

C’est aussi au cours de ce voyage qu’on a commencé à comprendre qu’il est plus facile d’avoir des habitudes alimentaires pour faire ses courses efficacement. Des courses efficaces en randonnée doivent répondre à plusieurs contraintes, elles doivent se faire rapidement, dans n’importe quelle épicerie peu importe sa taille et enfin ça doit tenir dans un budget limité. Cependant on ne connaissait toujours rien en nutrition du coup on faisait n’importe quoi. On se basait sur des pates et du riz le soir. Pour le midi on « piqueniquait » et dans nos esprits piquenique rimait avec sandwich. Alors tous les jours nous achetions pain de mie, fromage frais, jambon, carotte et concombre et on s’arrangeait avec ça. On a arrêté ça plusieurs années après pour des raisons nutritionnelles mais aussi parce que ce genre d’alimentation produit énormément de déchet.

Avec un peu de recul on peut modérer ce que je viens de dire notamment sur les courses efficaces. Je vous parlais bien sûr des courses en supermarché, parce qu’on s’y perd facilement et ça n’a pas grand intérêt. En revanche passer un peu plus de temps sur un marché local pour prendre des produits frais et fermer les yeux sur le budget ça fait toujours plaisir et à vous et à au producteur. D’autant plus que c’est sur ce genre de marché qu’on fait des rencontres.

Nos premiers vrais campings sauvages

C’est aussi pendant ce voyage qu’on a vraiment fait beaucoup de campings sauvages et qu’on en a appris un peu plus. On avait encore du mal à trouver le spot parfait pour dormir. Notamment un soir nous nous sommes installés dans une « clairière » qui venait d’être créée par l’homme. Il y avait plein de bois mort partout et un sol plutôt humide, ce sont deux facteurs qui sont assez propices aux moustiques. Du coup la soirée était assez compliquée. Je vais essayer de vous raconter avec subtilité un passage… délicat. Il s’agit d’un moment d’intimité que tout le monde veut prendre à un moment pour libérer le ventre de ce qui l’oppresse depuis le matin. Maintenant imaginez-vous un terrain avec une forte pente et une forte population de moustique. Nous avions donc deux contraintes pour faire notre affaire. Nous devions garder notre équilibre malgré la pente et malgré les moustiques qu’on essayait d’écraser sur nos mollets. Ne cherchez pas c’est mission impossible car la chute vous attend inévitablement et même si en étant accroupie on ne tombe pas de haut vous comprenez facilement pourquoi il n’est pas souhaitable de tomber. Il n’y avait donc qu’une seule option, il fallait se laisser piquer, endurer et faire son affaire le plus vite possible. A ce sujet je vous invite à lire cet article où toutes les barrières sont brisées et grâce auquel vous deviendrez un.e professionnel.le de cet art millénaire.

Déjà fini ?

Ehh oui nous finirons donc le récit de ce voyage sur cet anecdote, classe n’est-ce pas ? Il y a beaucoup d’autres histoires à raconter mais on ne va pas saturer. Je vous invite donc à naviguer sur tous les autres supports de Narvélos afin de découvrir tous les détails de nos aventures.

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Basile P.

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