Voyages

Petit Tour d’Europe

 

Une épopée de 1 mois à travers 4 pays

 

Cette aventure représente un tournant dans notre façon de faire des voyages à vélo. Avant nous faisions toujours des voyages de 2 semaines maximum. Partir un mois entier demande une organisation toute différente et surtout une certaine endurance psychologique.

Pour ce long voyage nous n’avions pas de réel changement de matériel à part l’un d’entre nous qui avait investi un bras dans un vrai vélo de randonnée. Mais les deux autres vélos restaient des vélos grands public, d’ailleurs c’est à notre grand étonnement qu’ils ont résisté à cette aventure. Sinon nous avions toujours la même tente Helsport.

Le grand changement de ce voyage fut sa taille, et qui dit voyage plus grand dit davantage de cartes. Pour éviter cet encombrement nous avons pris une tablette numérique sur laquelle nous avions les cartes opencycle map. Cela nous a permis de retrouver les pistes cyclables et voies verte, mais globalement cette solution a aussi des inconvénients comme le fait de devoir recharger la batterie ou encore qu’il soit difficile de lire la carte en plein soleil.

Cette aventure a aussi été l’occasion de rencontrer des personnes avec des histoires toutes aussi croustillantes les unes que les autres. Donc voici de nombreuses anecdotes.

Un vélo chargé comme un camion = accident

Pour ce voyage on avait une grosse nouveauté, c’était un magnifique vélo de randonnée avec deux gros portes bagages à l’avant et à l’arrière. On l’a bien chargé, mais ce n’est pas tellement le poids global de l’engin qui posait un problème mais le poids sur la roue avant. En effet il était plus compliqué de diriger un tel vélo, car il fallait toujours avoir les bras contractés au risque de voir son guidon dévier. Or le premier jour, le pilote n’était pas encore habitué à cette contrainte et il avait un peu de mal à piloter sa machine. Nous roulions sur une route qui présentait des gouttières en travers pour évacuer les eaux de pluie. Une fois ce vélo camion passé dessus il est difficile de lui maintenir une trajectoire droite. Malheureusement l’un d’entre nous suivait de très près avec des freins de piètre qualité. La chute était inévitable.

                      Le vélo de Bazou

Pour le pilote du camion il ne peut y avoir de soucis étant donné que les sacoches à l’avant et à l’arrière font office d’airbag. Cependant le deuxième accidenté sorti de cet événement avec plusieurs blessures au genou, à la main et au coude. Les plaies étaient bien ouvertes mais rien de grave. Nous avons quand même fait un détour à la pharmacie pour nous procurer différents onguents, bandages, compresses et tulles gras. Le souci avec ces blessures qu’on se fait en voyage c’est qu’elles sont dures à faire cicatriser. En effet quand on passe la journée dans la sueur, l’eau de pluie ou encore la poussière on a envie de protéger les plaies en permanence ce qui n’aide pas à la cicatrisation. Ainsi cette dernière a pris 10 jours avant d’être efficace.

Cette première journée commençait donc bien mais c’était sans compter ce qui allait nous arriver un peu plus tard.

Michel

Alors là c’est plus qu’une anecdote mais un vrai roman car cette rencontre fut tellement folle. Donc comme toutes les histoires que racontent les Narvélos, elle commence par une crevaison. En effet l’un d’entre nous avait des pneus très usés et il en a pas fallu beaucoup sur un chemin de pierre tranchante pour commencer à entamer la malheureuse chambre à air. Nous allions donc la réparer comme à notre habitude, mais au moment de sortir le matériel on se rend compte qu’on a pris une pompe avec seulement un embout presta alors que tous nos vélos sont équipés en schrader. Je ne sais plus comment nous avons fait, mais nous avons réussi à pédaler jusqu’à la ville d’après, Cergy ville de banlieue parisienne sur les bords de Seine.

C’est à ce moment sur une belle bande piétonne en rive de Seine que la chambre à air s’est définitivement retrouvée à plat, nous ne pouvions plus avancer. J’ai oublié de vous préciser que cet événement a aussi eu lieu le premier jour, autant dire que nous étions gâtés. On ne savait plus trop quoi faire, il commençait à être un peu tard pour trouver un magasin de vélo encore ouvert, finalement on a arrêté un cycliste qui avait deux sacoches pour lui demander s’il n’avait pas une pompe ou bien s’il connaissait un endroit où on pourrait s’en procurer une. Et c’est ainsi que nous avons rencontré Michel.

Michel tout souriant s’arrêta et observa nos vélo, impressionné par leur chargement et fut intrigué que des randonneurs comme nous n’aient pas de pompes. On lui avoua donc qu’on avait bien une pompe mais pas adaptée à nos vélos ce qui le fit exploser de rire. Et c’est vrai que pour des cyclistes qui partent pour un mois c’est ironique, mais ça arrive à tout le monde comme dans cette autre anecdote. Mais le miracle ne se fit pas attendre, Michel avait une pompe et pas n’importe quelle pompe. Vous la connaissez tous, la pompe rudimentaire de chez Zefal qui résiste dans le temps et sur les kilomètres. Tout en pompant notre vélo Michel nous raconte sa vie de randonneur, et nous explique qu’il a acheté cette pompe à l’usine même de Zefal lors d’un voyage lorsqu’il passait à Jargeau à côté d’Orléans. Cette pompe a même été jusqu’au Cap Nord, nous étions vraiment impressionnés face à tant d’aventure.

Face à tant d’admiration Michel continua à raconter ses anecdotes et sa vie. Je ne vais pas épiloguer sur chacune d’entre elles et plutôt vous en raconter une seule. Michel nous a raconté qu’il voyage beaucoup en Bretagne, et il faut le dire le temps peut être assez capricieux là-bas. Ainsi un soir il s’est retrouvé seul sous une pluie battante. N’en pouvant plus il s’est arrêté dans un petit commissariat de campagne pour demander s’il était possible d’avoir un café pour se réchauffer un peu. Les gendarmes voyant la pluie dehors et l’état de notre héros lui proposèrent une cellule pour passer la nuit. Michel nous confia une petite remarque : « Cette fois je dormais en garde à vue mais avec la porte de la cellule ouverte ». Il nous a ainsi par la suite conseillé de demander aux casernes de pompier et de gendarmerie de l’hospitalité. En effet ils sont souvent disponibles et sont prêt à laisser un bout de hangar pour dérouler un sac de couchage le temps d’une nuit.

Le vent sur les côtes de la Manche

Nous avons rejoint la Manche à Dieppe. On sent dans l’architecture de cette ville une histoire de pêche et d’industrie. On y trouve de petites maisons en brique dans le centre-ville. Une fois sortie de la ville nous avons commencé à longer la côte direction le Nord. Globalement sur le littoral il y a toujours du vent mais la journée qu’on a passé dans la baie de Somme était vraiment particulière. Le vent était incroyablement fort et de face bien évidemment. Chose à noter, pour un cycliste tous les vents viennent de face excepté les vents de dos qu’il ne ressent jamais, il se croit juste en meilleur forme. Nous pédalions dans les marais il y avait peu d’arbres pour couper le vent, on voyait les hautes se herbes et les joncs se coucher sous le souffle.

Mais ce paysage avait quelque chose de fantastique, on voit de moins en moins souvent de nos jour ce genre d’écosystème car beaucoup ont été détruits. Et pourtant ils sont d’une extrême richesse en oiseaux. On voyait ainsi une grande diversité d’oiseau que j’aurais bien du mal à identifier (j’en suis désolé) mais ceux-ci ne volaient pas très haut. On a même dû s’abriter pour manger, le vent était à deux doigts de nous ôter le pain de la bouche. De plus il s’agissait d’un air assez marin, et quand on n’est pas autochtone on ressent tout de suite les effets de l’air iodée sur la peau et les poumons, on a l’impression de se transformer en bloc de sel desséché. On pense que c’est cet épisode qui nous a causé un joli rhume à deux d’entre nous pendant 5 jours.

La frontière Belge, l’entrée au paradis des cyclistes

Après avoir mangé des moules frites à Dunkerque nous étions prêts à passer la frontière Belge. Enfin les frontières se passent facilement aujourd’hui dans l’espace Schengen. Mais pour un cycliste il ne s’agit pas de n’importe quelle frontière. On est passé du Nord à la Flandre en quelques mètres. Vous ne voyez toujours pas pourquoi c’est si important. Cette frontière consiste à passer du royaume de la voiture au royaume du vélo. C’est hallucinant, sur le moment on n’y croyait pas. Les voitures dépassent avec 2m d’espace, elles laissent toutes les priorités. En plus il y a des pistes cyclables vraiment partout, c’est-à-dire que vous pouvez très bien suivre un itinéraire pour voiture qui passe par des autoroutes et quand même trouver des infrastructures pour les vélos juste à côté.

Il fallait qu’on profite un peu plus de ce paradis, ainsi une journée nous avons fait une courte étape et sommes arrivé à Bruges à midi. Nous en avons donc profité pour visiter cette ville pendant l’après-midi. Cette ville dont le centre est fortifié, il y a plein de petites rues pavées avec un certain charme. On y trouve des brasseries, une d’entre elle nous a fait de l’œil et nous avons pu gouter aux bières belges. La bière de Bruges était vraiment pas mal !

Mais en tant que français, la Flandre a fini par nous lasser. En effet il n’y avait aucun défi dans cette région, les itinéraires étaient tous indiquées, plus besoin de lire la carte. De plus la grande majorité des pistes cyclables se trouvaient en bord de canal. On notera que la traversé de l’Escaut à deux reprises était vraiment sympathique. Mais là encore aucun défi il y avait des départs toutes les 30 minutes, les traversées étaient gratuites, les personnes vraiment sympathiques et le bateau rempli à craquer de vélos. De plus cette région est vraiment dépourvue de relief pour le bonheur des cuisses mais ça commençait à me manquer les paysages plus vallonnés avec de splendides points de vue.

Une entrée en Allemagne magnifique mais compliquée

Camping sauvage après Aix-la-Chapelle, source personnelle

Après avoir pris un peu de repos après Maastricht nous étions partis direction l’Allemagne et nous sommes arrivés dans une région magnifique. Il y avait de jolis reliefs et nous avons pédalé pendant toute une matinée dans le parc national Eifel. Nous filions comme des fusées dans des vallées encaissées et boisées. Avec une petite ligne de chemin de fer qui passait en bord de rivière, c’était vraiment un lieu fantastique.

Une fois sortis de cette forêt nous avons décidé de faire notre pause midi, nous avons trouvé une petite table en sortie de village. On y a mangé notre classique semoule légumes et au moment de débarrasser une dame vient nous dire qu’il s’agit d’un terrain privé et que nous sommes chez elle. Nous nous excusons tranquillement, de toutes façons on devait partir. Mais au moment de partir l’un de nous a des nausées, certainement à cause de la chaleur ou de l’effort fourni dans la matinée. Du coup on reste sur place un petit peu. La dame revient, nous propose de la glace et semble être préoccupée par l’état de notre ami. On reste donc on parle un peu avec elle, elle nous indique des médecins dans les villages à côté. On finit par partir quand tout va mieux en lui laissant une jolie carte postale sur la table.

Mais l’aventure de cette journée ne s’arrête pas comme ça. En fin de journée l’un de nous chute encore à cause de problèmes d’estimations de distance de freinage et de freins mal réglés. Dans sa chute il se rattrape sur sa main, ce qui le fait souffrir pendant toute la soirée. Les choses n’allaient pas s’arranger car on devait camper sauvagement le soir. Nous avons donc attendu le lendemain pour aller à la pharmacie pour acheter une crème contre les hématomes. Mais la pharmacienne nous recommande quand-même d’aller chez le médecin. Nous réussissons à avoir une consultation après 1h d’attente. Après plusieurs examens dont une radio du poignet, rien ne semble grave. On sort du centre de santé avec une ordonnance pour de l’ibuprofène et de l’homéopathie.

On profite de cette bonne nouvelle pour tracer jusqu’aux rives du Rhin et là encore on se retrouve face à une merveille. A ce niveau du fleuve, la vallée est très encaissée avec de jolis châteaux sur les hauteurs. On s’arrête sur un camping sur le bord du fleuve et nous rencontrons Karl, un allemand de 50 ans qui vit la même passion que nous sur son vélo.

Les bords du Rhin

Il faut voir les bords du Rhin le matin quand le soleil se lève pour comprendre le poème la Lorelei de Heinrich Heine. Il a une sorte d’énergie qui vous emporte dans cette vallée. Tôt le matin le Rhin est couvert de brume il faut donc lever les yeux vers les sommets pour voir un bout de soleil. On a l’impression de pédaler sur le fleuve et de s’y perdre dedans. Et cet effet se sent bien le matin quand les activités humaines ne sont pas encore trop présentes. Parce que lorsque l’heure commence à tourner, le Rhin se transforme en autoroute marchande. Tous les moyens de transports sont bons pour faire traverser l’Europe, on pédale ainsi sur la piste cyclable certes (on est en Allemagne quand-même) mais sur la route à quelques mètres de nous passent des camions à longueur de journée. Le fleuve lui aussi est animé par le balai des cargo fluviaux. Enfin la rive d’en face (Est) nous semble un peu plus sauvage mais nous y distinguons une voie de chemin de fer qui fait trembler la vallée à chaque passage de train de fret.

Pour compléter notre expérience du Rhin il nous manquait encore un poète allemand. Mais il ne nous a pas fallu longtemps pour en rencontrer un. C’était peu après Koblenz que Harald vint à notre rencontre. Nous faisions une pause déjeuner sur le bord du Rhin et comme à notre habitude depuis 4 ans nous avions étendu nos affaires mouillée (on avait fait une machine la veille) un peu partout, notamment sur les barrières d’une parcelle et ses amarres. Harald vint nous demander ce que nous faisions avec nos vêtements, pour lui c’était clair, c’était de l’art. Il y a-t-il une plus belle façon d’aborder des inconnus que les ériger au rang d’artistes. Nous étions donc flattés et avons parlé avec ce charmant monsieur de nos expériences à vélo, de notre vision du voyage. Le voila conquis, nous avons commencé à parler de paix dans le monde, d’éducation etc. Nous avons appris qu’il est poète et qu’il travaille avec les jeunes. Pour lui il est clair que nous réduirons la violence de ce monde en apportant de la poésie et de la beauté en toute chose. Et nous étions complètement d’accord avec lui, avec nos caleçons en train de sécher au vent nous étions en train d’ajouter notre touche de beauté et d’innocence à côté de ces moteurs de cargos à plein régime en train d’acheminer différents minerais, céréales et déchets.

Une première journée d’enfer

Pour notre dernière journée sur le bord du Rhin nous avons certainement vu trop gros. A cause d’une chute suivie de la pluie on a perdu les données du compteur pendant une journée mais on estime que ce jour là nous avons fait 160 km. Pourquoi se faire autant de mal me diriez-vous ? Et bien le soir même la belle grand-mère de l’un d’entre nous attendait avec des lits faits, un repas chaud et une salle de bain rien que pour nous. Il fallait donc qu’on y arrive avant la nuit. En plus en termes de paysage ce n’était pas la journée la plus riche, nous avons eu le droit au passage dans l’usine de BASF à Mannheim. Enfin c’est bien plus qu’une usine c’est une ville à part entièrement dédiée à la chimie, on y trouve rond points, feu de circulation, un port, une gare. Tout cela dédié à la confection de nos médicaments et phytosanitaires miam. Ainsi on a passé presque 5 km à slalomer entre les entrepôts. Et c’est à ce moment là que la pluie a commencé avec un orage violent. On luttait contre le vent et les nuages étaient noirs. On a allumé nos lampes et on ne pouvait plus se guider à la carte car tout s’envolait. On a donc décidé d’allumer le GPS pour la première fois et nous laisser guider. Ce fût une très mauvaise idée, il faut savoir que les itinéraires vélo de chez google map sont en version beta. Ils sont efficaces en termes de km mais pour arriver de telles performances ils utilisent TOUS les chemins y compris ceux qui sont escarpés en bord de rivières, par moment on se demandait même si un VTT pourrait passer sur les chemins que nous empruntions.

Mais nous sommes arrivés sain et sauf à Heidelberg, magnifique ville universitaire avec un château en très bon état de conservation. Nous avons mangé comme des goinfres et avons essayé de nettoyer toutes nos affaires. Il y avait de la boue partout, après une journée pareille nous n’étions plus que des tas amorphes de crasses. Mais malgré un accueil chaleureux nous ne sommes pas restés plus longtemps à Heidelberg. Nous avons donc enfourché nos vélos le long du Neckar, un affluent du Rhin. Le paysage ressemblait à celui du Rhin mais le fleuve était moins large et la vallée beaucoup plus encaissée.

Une deuxième journée d’enfer

Cette journée le long du Neckar fût notre seul « repos » avant d’attaquer la pire journée du voyage. Cette fois-ci ne n’était pas 160 mais bien 190 km que nous avons effectué en une journée. Nous avons remonté tout le Neckar jusqu’à Tübingen encore une ville universitaire où nous attendait de la famille. Oui nous ne sommes pas fous on ne fait pas de telles distances avant de camper sauvagement ou même dans un camping. Après de tels efforts nous voulons être accueillis en héros. Surtout que personnellement je connais bien cette région et les routes, mais pour la plupart je les connais pour les avoir empruntées en voiture. Et l’estimation des distances est toute différente surtout lorsqu’il y a du dénivelé. Je pensais donc qu’on était tout proche de notre but, je reconnaissais tous les villages etc, mais ce qui aurait été l’affaire de 5 minutes en voitures nous pris 1h. Pourquoi autant de temps simplement parce que nous avons encore eu de la pluie, il ne s’agissait pas d’un orage aussi violent que l’avant-veille, mais le débit était soutenu. D’ailleurs il y a quelque chose dont je ne vous ai jamais parlé et qui se produit dans ces situations. Il faut savoir qu’en cas de pluie même (et surtout) avec un imperméable vous finissez trempés quand-même mais de sueur. Alors pourquoi mettre un imperméable alors ? Et bien ici deux écoles s’affrontent. Retirer tous ses vêtements lorsqu’il pleut pour sécher plus rapidement et ceux qui s’arment de plus en plus de couches imperméables. Je pense que les deux techniques sont bonnes, tout dépend de la situation. Sous une pluie légère avec des éclaircie il vaut mieux être peu couvert. Mais en cas de forte pluie, je pense qu’il faut accepter d’être trempé mais de sueur, pour une raison physique. Ici ce n’est plus une question d’humidité mais de température. La sueur est à 37°C la pluie est plutôt autour de 15°C. Et la pluie s’écoule sur votre corps avec toutes vos calories notamment celles dissipées dans la sueur. Alors que si vous êtes étanches vous conservez cette chaleur. Mais vous inquiétez pas, on savait qu’on se douchait le soir donc ce ne fut pas un souci. Ce soir-là nous n’avons pas mangé, ou très peu on était surtout morts. On a dormi jusqu’à pas d’heure.

La forêt noire

Après avoir profité d’un accueil chaleureux pendant deux jours à Tübingen nous avons continué notre ascension du Neckar.

Paysages de Forêt Noire, source personnelle

Plus les kilomètres passaient plus le fleuve rétrécissait, le paysage commençait à prendre des formes, il nous restait plus que deux villes avant d’entamer l’ascension du Feldberg le plus haut sommet de la forêt noire. Sur le chemin un élément du paysage attire notre attention, une tour en béton d’une centaine de mètre de haut. Après des recherches on a appris que c’est une tour qui permet de faire des essais sur les ascenseurs. On se demande toujours pourquoi ils ont construit ça en montagne loin de toutes grande ville. Finalement nous avons reporté l’ascension de la forêt noire au lendemain pour être en pleine forme et nous avons campé entre Rottweil et Villingen-Schwenningen. Nous avons eu un magnifique réveil en camping sauvage avec le soleil qui commençait à se dessiner derrière les sommets

Réveil dans les montagnes, source personnelle

. Nous avons remonté le Neckar jusqu’à se source, il ne faisait plus que quelques centimètres de large. Maintenant on était dans le royaume des sapins et on allait grimper pendant plusieurs dizaines de kilomètres. La montée fut compliquée de plus que dans ces cas il ne faut vraiment pas se tromper d’itinéraire car pour chaque kilomètre ce sont des centaines de calories qui s’envolent. Au bout d’un moment on décide d’arrêter l’ascension et de prendre un chemin qui allait nous mener à Freiburg sur l’autre versant du massif. Juste après cette ville nos jambes ont décidé qu’on n’atteindrait pas l’Alsace ce soir même, nous avons donc campé dans une parcelle de vigne.

Une pause bien méritée

Après avoir affronté la forêt noire nous sommes arrivés en Alsace et nous nous sommes arrêtés deux jours dans un charmant village nommé Husseren-Wesserling. Un d’entre nous avait une maison de vacances. Après avoir bien dormis nous nous sommes offert un festin pour fêter un anniversaire. Pour faire les courses on a oublié toutes nos règles de diététique et on a simplement pris les aliments les plus salés, gras et sucrés au supermarché. On a aussi pris de l’alcool, et globalement on n’a rien fait de nos journées à part dormir, manger, réparer un peu les vélos.

Nous étions fin prêts à reprendre le départ pour une dernière semaine de folies. Nous avons pédalé à une vitesse inimaginable, on arrivait à faire en une matinée ce qu’on faisait en une journée pendant le début du voyage. Et le premier soir de ce nouveau départ nous avons tenté un nouveau genre de camping sauvage. On ne trouvait pas un spot de camping sauvage idéal, lorsqu’un terrain de football apparait sur notre gauche. On se dit qu’il n’y a pas de plus idéal pour dormir qu’une belle pelouse, en plus il y a souvent des vestiaires avec des robinets à l’extérieur. En s’approchant on se disait qu’on allait camper sur le bord du terrain, et là on a constaté une partie de bâtiment qui est surélevé sur des pilotis de 1m60. On a donc décidé de dormir en dessous, ça nous évitait de monter la tente. Puis des riverain sont venus jouer en cette fin de belle journée d’été, nous n’avons eu aucun problème, ils devaient certainement se demander qui étaient ces fous.

Rencontrer quelqu’un autour d’une crevaison

Nous étions maintenant sur l’itinéraire de l’Eurovélo 6, sur les bords de Saône à 30km avant Chalon-sur-Saône. On bataillait avec le vent pour réussir à allumer le réchaud lors de notre pause midi. En effet depuis deux ans on fait la cuisine le midi, on a de la lumière et c’est l’occasion de se faire de belles pauses en été quand le soleil tape dur, l’idéal à terme serait d’avoir une meilleure organisation le matin, en termes de nutrition notamment pour faire nos étapes en une matinée et profiter des après-midis pour visiter, se reposer, cuisiner etc. Bref alors que nous avions carrément sortis une bâche pour nous protéger du vent une personne s’arrêta non loin de nous avec son vélo et ses bagages. Elle commence à retourner son vélo et sortir sa caisse à outils. Nous sommes donc allés la voir pour savoir si elle avait besoin d’aide, étant suédoise on a parlé anglais. Et c’est comme ça que nous avons rencontré Erika. Au moment de prégonfler sa chambre à air neuve on se rendit compte qu’elle a une chambre à air avec une valve bizarre, en tout cas sa pompe n’était pas adaptée. On a donc cherché dans nos affaires si on n’avait pas une chambre à air neuve à dépanner, et bingo on en avait une de la bonne taille en plus. On se sentait très fier de pouvoir donner quelque chose gratuitement à quelqu’un comme Michel nous avait donné sa pompe. Une fois la réparation finie nous avions fini de manger nous avons donc fait route ensemble.

La première question qui nous venait à l’esprit était mais que fait une suédoise sur son vélo seule en France. Il faut dire qu’elle nous a fait revoir notre définition du courage et de la débrouillardise. En effet elle ne comptait pas s’arrêter en France, elle venait de Stockholm et partait pour deux mois jusqu’à Barcelone, seule !! En plus son vélo n’était pas le plus joli qu’on ait pu voir, ses pneus étaient lisses. Et pour couronner le tout elle nous a dit que c’était son premier voyage à vélo. On a donc fait un bon bout de route tous les 4 ensembles, elle nous a notamment parlé de Warmshower qu’on ne connaissait pas du tout.

Le retour aux sources sur les bords de Loire

Pendant un mois de randonnée on progresse vachement en cardio et en capacité musculaire alors qu’au début on peinait à faire 100km en une journée, sur cette dernière semaine on s’est avalé des 130 km par jour. On a retrouvé la Loire à vélo à Digoin ou il y a d’ailleurs un pont canal impressionnant. Sur les bords de Loire on se sentait enfin chez nous, ces routes on en avait l’habitude, les petits panneaux de la Loire à vélo nous étaient bien familiers. Nous avons campé une dernière fois au niveau de Gien et avons avalé la dernière étape en une matinée et sommes arrivée assez tôt à la station du RERD à Boigneville.

C’est un sentiment très bizarre de se retrouver dans le RER après 1 mois à avoir baroudé dehors, les autres voyageurs vont au travail, faire des courses, voir des amis, voyager. Et on se retrouve là à repenser à tout ce qu’on a fait, on se dit qu’il y a deux semaines on était en Belgique ou en Allemagne et qu’on a tout fait à vélo. On voyait les gens autour de nous qui regardaient nos vélos chargés et qui se demandent à quoi ça peut bien servir. Ils avaient déjà l’air surpris par ces engins.

On essaye d’expliquer notre passion à chaque fois qu’on nous pose des questions mais ne pas se faire passer pour des fous est assez compliqué. On explique que ce sont nos moyens de transport et de voyage qui nous permettent de parcourir des milliers de kilomètres. Aujourd’hui on oublie souvent que le déplacement c’est de l’énergie, avec le vélo on s’en rend beaucoup plus compte, on apprend à profiter de chaque déplacement, des paysages qui nous entoure parce que tout ça est vite oublié lorsqu’on voit le voyage comme une téléportation d’un point A à un point B sans tenir compte de ce qu’il y a entre les deux. Finalement on voyage à vélo pour voyager certes, mais aussi pour militer à notre façon pour montrer que le vélo n’est pas juste un loisir mais aussi un mode de transport alors si nous arrivons à voyager avec cette machine magique pourquoi les autres ne peuvent pas s’en servir dans la vie de tous les jours ?

Galerie

Photos du voyage

Basile P.

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